jeudi 8 janvier 2015

Je suis Charlie (et vous aussi)

Je sais que les mots peuvent paraître vain face aux actes
Je sais que je ne suis rien face à ça
Je ne sais pas avec qui ceux-ci ont fait un pacte
Et je sais que les poètes sont plus forts que ça

Que les Français s'appellent aujourd'hui Charlie
Et qu'ils lèvent tous leurs crayons dans le ciel
Et qu'ils dessinent pour être libres sans délits
Et que maintenant plus rien n'aura le goût de miel

Restent les dessins, les traces de nos frères assassinés
Et la une de demain "Car ils ont cru que ça allait nous tuer!"
Bien sûr, nous sommes morts, mais de ça, l'on renaît
Avec des amis en moins, mais plus solides que jamais

Alors, je voudrais tous les citer, ceux que je connaissais
Et ceux que je ne connaissais, Charb, Cabu, Wolinsky
Honoré, Maris et Tignous, alors je vais parler de décés
De choses horribles, levant pour eux mon verre de whisky

Fabulle 07/01/2015

vendredi 12 décembre 2014

Ici et là

Ici, se trouvait un soldat qui partait
Disant au revoir pour la dernière fois à sa mère
Et un révolutionnaire changeant les affaires
Et une femme qui aimait un homme, oui qui aimait

Et un incendie qui a ravagé la vie de mamie
Qui a perdu les photos de son défunt mari
Et qui rêvait de voyager sans quitter Paris
Et un barman qui a bu trop de demis

Un livre qui est resté sous un plancher, caché
Trésor d'outre-temps, rescapé de l'incendie
Et où se trouvait une photo du jeune papy
Et une larme versée par mamie, arrachée

Et une fois qu'elle fut partie pour de bon
L'immense vide qui d'un silence, râla
Et tout ce temps qui finalement me répond
Et maintenant, je suis là

Fabulle 11/12/2014

Aujourd'hui

La lumière fade d'un ordi
A moitié déchargé, le monde à côté
Plein de lectures, de poèmes maudits
Et de sentiments se transformant en octets

Mes écouteurs sur la fiche USB
Montrant l'absurdité d'un monde informatisé
Et sur une batterie multi-prisée, bouche bée
Mon internet dérape dans un monde tétanisé

Ma souris sur mon lit s'ennuie
Qui d'une main frêle quitte la pluie
Mon smartphone voyage au rabais
Sans 3G pour me guider, me faire exister

Alors que me reste-t-il dans le paysage
Dans le risque de la vie déconnectée
Où l'imprévu et l'inconnu sans présage
Peut arriver sans un sens à becqueter

Fabulle 11/12/2014  

L'adaptation aux larmes

Darwin me dit que les larmes sont un avantage
Que ces gouttes salées sont une arme d'humanité
Une épée à la lame acérée, utilisable en société
De petit bébé, d'ado à adulte, au grand âge

Nos larmes sont nos armes, l'appel au secours
Quand elles surgissent, le poète intervient
Prenant en charge vos mots, vous écoutant si bien
Que déjà le chagrin repart au long cours

Le problème, c'est quand on pleure seul
Quand personne ne vous entend
Que le vent devient cinglant

Et que vivant, pleurant, vous vous sentez
Comme si rire, c'était se cacher
Ne pas savoir qui on est, ne pas exister

Fabulle 10/12/2014

samedi 6 décembre 2014

Vertissement

Qu'on le dise ou qu'on y échappe
A la fin, il nous dévie du chemin
Si indispensable pourtant, qu'enfant, il s'attrape
Pour ne plus s'en défaire, veiller au lendemain

Et pourtant, il nous façonne au gré du vent
Nous fait réfléchir à ce qu'on ne devrait pas penser
Car ce sont des choses importantes que le vieillissement
Le temps, la mort, l'amour qui s'en va sans verser

Et c'est toujours un déchirement, le silence d'après
Celui qui suit le rire argenté, si bien partagé
On se sent seul et vain, on veut fuir dans le pré
Et se rattacher au monde qu'on ne veut voir changer

Mais il tourne bien sans nous, sans une fois s'arrêter
J'aurais pourtant bien besoin de repos, me divertir
De cette vie si routinière sans plaisir, et voir un été
Rien qu'une fois s'éveiller sans avoir besoin de partir

Fabulle 06/12/2014

dimanche 30 novembre 2014

Country boy

Ces parcs manquent d'espace, ne respirent plus
Et quand j'y marche, le manque se ressent
Loin de mes terres d'enfant, de mon sang
Je fais le tour en dix minutes, rentre reclus

Mon père me disait de faire des études
Rejoindre la grande ville pour avoir une situation
Ne pas rester s'endetter dans son champ, avoir de l'ambition
Mais je me sens mal dans l'appart de ma solitude

J'ai beau écumer les rues, les magasins et les bars
Je n'y trouve rien pour me sentir vivant
Rien de nature, à me réconforter de mon temps
Où les choses se travaillaient à la main, à la quart

Alors, je ne serais pas ce citadin parisien
Celui qui voudrait traverser les mondanités
Moi, je n'oublie pas que je ne viens de rien
Et que j'aime ce rien, de vivre en dehors des cités

Fabulle 30/11/2014

And a happy wedding

I wouldn't just go and pass it through
I'm a romantic, just staring in my thoughs
Doing nothing impulsive and regret it after
But hoping, always and always, to be a lover

It is not a question of poesy or a kind of a play
I'm asking if I'm the good person to love
If I wouldn't just in my room for ever, stay
And watch the life through a screen
And freezing without a glove

I should be Shakespeare in the Globe Theater
And remains my written things, breathing dead
And I would enjoy to be in your heart, the hacker
And every day, bring to our home, the bread

So, let me live this, a happiness wedding
With exotic flowers on the end of the alley
Something I could be proud for the rest of my living
And yours, if you wish and accept, s'il te plaît

Fabulle 30/11/2014

Entretiens

Poète de mon état, je suis tributaire
Des vers de mes confrères, qui me grondent
Quand vient l'oraison, et la fin de la Terre
Et de mon mystère, j'adhère à la faconde

Je suis moi-même à la recherche d'un emploi
De chroniqueur tendre sur l'actualité
Ou de logicien chiropracteur à Troyes
Ou de bouquiniste invertébré à l'île de la cité

Bref, je suis ouvert à toutes propositions
Qu'on m'appelle, me mail sans coercition
Et qu'on m'affabule de postes à pourvoir
Ou d'embauches sans crises à entrevoir

Mais trêves de plaisanteries, mes recruteurs
Sont à l'affût du moindre défaut réfractaire
Vu que je viens de finir l'entretien d'une heure
Laissons mes chances pour moi d'être partie pleinière

Fabulle 13/11/2014

mardi 11 novembre 2014

L'armistice, on n'y croyait guère

On a bien entendu sonner le clairon
Bien compris qu'on ne devait plus se battre
Mais devait-on pour autant aimer le troufion
Qui nous faisait face depuis ces quatre?

Comment se dire que ce n'était qu'un homme
Celui qu'on nous a diabolisé en ennemi
Et on devrait comme ça, devenir ami
Avec celui qui a tué tant de poilus en Somme

Alors moi, au son du clairon, je suis reparti
J'ai voulu revoir ma bien-aimée, fuir la guerre
Tant que l'on nous lâchait, avant l'anéanti
Et donnait l'armistice, qu'on ne croyait guère

Ai-je bien fait de fuir mes camarades?
Peut-être pas quand un soldat sortit du buis
Un casque à pointe, une surdité, une embuscade
Et me voilà mort à la sortie de mil neuf cent dix-huit

Fabulle  11/11.2014

Ce soir, j'ai besoin d'aimer

Ce soir, j'ai besoin d'aimer, de te retrouver
De te dire, ce n'est qu'avec toi que je l'imagine
Qu'il n'y eut que toi, et que j'en ai assez
De ne savoir où tu es, tout ceci m'assassine

J'ai demandé à Dieu, à mon futur moi
A ceux qui voulaient bien, mais rien
Pas un indice, ni un je t'aime en émoi
Rien qui ne puisse te relier à Fabien

J'ai invoqué les grands poètes du passé
Mais leur amour, ne veulent me transférer
Cupidon était absent quand je suis passé
Et même Nikos avait déjà sa préférée

Alors, je marche seul dans la rue
Sortant d'un cinéma, voyant les couples profitaient
Et les pompiers viennent me chercher nu
Essayant de ranimer l'espoir d'un été

Fabulle 11/11/2014

dimanche 9 novembre 2014

Et chute le mur

La rumeur se répand dans la rue, on peut passer
Comme ça, sans rien demander à personne, on peut aller
Où l'on veut, à l'Ouest même, on reva se saper
Et sortir, suivre cette foule vers un mur à déliter

On va au poste-frontière, on entend nous dire non
Mais cette fois-ci, on n'en tiendra pas compte
On écrira notre histoire, il tombera en nos noms
Et je reverrai ma tante, comme dans les contes

Les gens s'énervent et passent enfin
On est libre de faire, libre d'intervenir
Une dame est là, offre à manger, mort de faim
Je suis libre d'ensemble envisager un avenir

Finalement, on n'y croyait pas à la chute
On ne croyait pas à la fin, au pouvoir humain
Car tous, il suffisait de participer à la lutte
Pour voir venir un autre lendemain

Fabulle 08/11/2014

Working noises

Dans les rues, les hommes de bureaux marchent
Laissant derrière eux le bruit de leurs talons
De leurs belles chaussures, pour que les affaires marchent
Par superstition ou convention, en cuir, elles sont

A Lyon, les attachés-cases sifflent dans la nuit
Quand ceux-ci rentrent chez eux, dans l'hiver arrivant
Ils sillonnent entre les lampadaires, le cirage luit
Quand ils mirent leurs pieds, leurs impers fermés au vent

Puis ils s'enfoncent dans les chiffres, productif
Comptabilise ses revenus, les gagnés et perdus
Et pensent à optimiser, améliorer dans le privatif
Qu'il s'est acheté pour lui et sa femme entretenue

La soirée papillonne, entretient la routine
Qu'il s'est construit comme si de si, met son réveil
Et se réveille, enfile de nouveau ses bottines
Pour travailler dans un monde sans merveilles

Fabulle 08/11/2014

vendredi 24 octobre 2014

Du monde, 14 m2

Que dire du monde, quand on vit enfermé
Qu'extraire en sens, dans des murs insonorisés
Que comprendre des mots, dans la télé électrisé
Et que faire quand se lève le jour désarmé

Devrais-je sortir pour trouver que faire
Quel divertissement m'entraînera encore?
Est-ce si bon de regarder à nouveau Le trône de fer
Ou suis-je si geek pour éviter les plaisirs du corps

Finalement, 14 mètres carrés, font trop l'affaire
De mes ressentiments de solitudes innées
C'est dans cet appartement que je me terre
Et je ne sais pour encore combien d'années

Alors, j'achète le monde pour consommer
Ce que tout citoyen dans cette société fait
Et en poète, ruminant le diktat de fumer
Pour paraître cool aux yeux d'autres méfaits

Fabulle 18/10/2014

Une étoile nous sépare

Quand des chanteurs has-beens fredonnent
Que les gens battent des mains au refrain
Je regarde le ciel, choisis une étoile au matin
Et me dis que tu la regardes, et ça me donne

Des frissons dans le corps, cette étoile
Je la regarde encore, me détache du bruit
Que Lio faussement fait, je mets les voiles
Et ne pense qu'à toi, à cette vie d'ennui

Une étoile nous sépare, ce n'est pas assez fort
Pour nous retrouver quand même, le soir
Vient à tomber sur moi, le froid mord
Et ne ressens la douleur, me noyant de désespoir

Où es-tu? Dans l'hémisphère nord si tu la vois
Mais où chercher quand l'amour vous consume?
Peut-être en soi, là où on peut être le roi
Et gouverner les vies sans réalités qui s'assument

Fabulle 18/10/2014

Je ne suis pas encore mort!

On parle de moi comme si j'étais plus là
On vient me voir, on croit la dernière fois
On décide de mon avenir, le met-on là?
Ou te le gardes chez toi, c'est toi qui vois!

Depuis longtemps, on ne me demande mon avis
Ce que raisonnablement, je veux faire de ma vie
Car on l'oublie, je ne suis pas encore mort
Et dans mon lit d'hôpital, je me raccroche au sort

Mes enfants me traitent de boulet
Dans mon dos, quand ils croient que j'entends pas
Mais je suis conscient, pas encore esseulé
Et j'ai des sentiments, peur aussi du trépas

Même si on vient à le désirer
Quand vos proches vous cessent de vous rabrouer
Un peu de sollicitude avant d'empirer
Et sombrer à la joie de ma famille adorée

Fabulle 18/10/2014

La vieillesse de France

Le mercredi, on vient jouer aux cartes
Entre vieux, comme on nous a parqué
On rigole, entre inactifs de la Sarthe
Tant que pour l'hospice, on nous a pas embarqué

On fait des concours, à celui le meilleur atout
Et on passe le temps, entre deux enterrements
Car c'est dur de voir partir ses amis, ses amants
Quand avance le temps, qu'il vient de partout

On se parle de nos visites d'hôpital
De nos soucis de santé, content d'être compris
Par des personnes partageant le même problème rénal

Et on bataille, en se rappelant d'anciennes
De savoir sur quel front Pierrot avait péri
En espérant que la guerre de nouveau ne revienne

Fabulle 18/10/2014 

Manque et perd

Il manque quelque chose dans ma vie
Je jurerai que c'est sa présence
Le fait de ne pouvoir en faire mon amie
Tout simplement, me pèse son abscence

Pourrais-je un jour me guérir
Ou suis-je condamné à la retrouver
J'ai cru en aimer une autre, et périr
Cet amour, a aussitôt fait, reste un vrai

Je n'ai donc aimé qu'une seule fois
Et toujours, je ressens à son nom
Les palpitations, comme à la première fois

Mais je les sens devenir plus faibles
Faute de charbon pour nourrir son évocation
Quelqu'un! Permets-moi de retrouver Elle

Fabulle 18/10/2014

dimanche 12 octobre 2014

Le Cap Saint Roque

Il aurait dû rester mort
Ne plus jamais revoir un port
Mais le sort s'en est mêlé
Pour un nouveau voyage, s'est enrôlé
Et à Saint Roque, venu délivrer
Les haleurs en tenue de livrée
Fantômes d'un autre temps
Le Titanic reprend au vent
Il vire de bord, crie encore
Surgissent alors les hommes forts
Venus défendre leur égoïste plan
De soumettre autrui dans leurs champs
Le capitaine, homme d'outre tombe
Annonce le discours dans les trombes
On entend la cruelle histoire
Et d'un paquebot, l'espoir
Il va les ramener à la maison
Repartir où se couche la saison
Retrouver ses fils désormais libres
Mais en si instable équilibre
De devenir qui on veut
De faire briller les cieux
Pour les enfants du Titanic
Et de sa revenante réplique

Fabulle 10/10/2014

jeudi 9 octobre 2014

The orange-dressed girl

Par défi, j'ai dansé avec elle
Celle qui nous a tous envoûté
Avec sa robe orange, sa danse ensorcelle
Tous ceux qui l'avait regardé cet été

On voulait tous lui parler
Au moins savoir qui elle était
Lors d'un slow, seule elle était
Un ami voulait, mais je me suis lancé

Fier de contrecarrer ses plans et piètre danseur
Je n'ai pu savoir que son nom, mais quelle chance
D'avoir pu la connaître, faire battre son cœur?

Mais je voudrais m'excuser, car je dansais
Pour de mauvaises raisons, le 22 août, je te retrouverai
Pour de nouveau danser comme un homme le devrait

Fabulle 03/10/2014

Des bruits et des hommes

A travers les murs, j'entends des bruits
Des simulacres de musiques, des dialogues de films
Étouffés par le placo, ils m'encerclent la nuit
Me retournant dans mes draps, reste ce désagréable hymne

Ayant fait vœu de silence, la solitude m'assaille
Je la contre en dansant dans le noir, les écouteurs rivés
Ils m'empêchent de m'effondrer, penser à la racaille
Qui pourrait se trouver sur le plafond, à écouter la télé

Comment savoir si ce sont des gens biens?
On ne comprend même pas leurs conversations!
Comment de moi, de mes bruits, ils pensent de Fabien?
Leur suis-je agréable ou un détestable espion?

Ces bruits créent un fossé au lieu de nous rapprocher
On devrait se demander à travers, comment va ta mère?
Répondre en criant que tout le monde sache ce qui est chez
Moi, toi, je t'offre mes bruits et tous ses mystères

Fabulle 29/09/2014

mercredi 24 septembre 2014

Ampoulé

On rêve de grandes phrases, de discours spontanés
On voudrait vivre comme dans des films d'Audiard
Savoir parler sans ouais, euh..., d'un ton suranné
Mais on ne fait que balbutier qu'en pauvre fêtard

On cherche des dialogues de princesses
Des contes qu'on a entendu mille fois
Mais la vie est faîte de mots sans hardiesse
D'infos neutres, de descriptions indignes d'autrefois

Alors, avec ces poèmes, j'exerce mon ton ampoulé
Espérant que des merveilles sortent quand je la reverrai
Je fais de longues litanies, d'un flot découlé
Et je vis dans un autre monde, plein d'attraits

Allons tuer quelques dragons, cher écuyer
Et tweetons nos exploits, likons notre roi
Car lui seul à le pouvoir de rétablir le français
Que j'aime, que j'écris rien que pour toi

Fabulle 24/09/2014

Nu

J'ai envie de sortir nu dans la rue
Frapper chez quelqu'un, lui emprunter des vêtements
Repartir conquérir l'Amérique avec un grand cru
Et monnayer mon corps pour de la pub, ou de l'égarement

Des conventions, je me foutrai, de nouvelles, j'inventerai
Car je veux toujours séduire elle, ne sachant quoi faire
Je supplanterai Ovide, amoureux, je serais prêt
A tout entendre de ta part, à épouser ton père

Je crois que je suis fou, et j'en suis fier
Je ne sais pas qui je suis, qui j'écris
Mais rappelle-moi de t'aimer, car tout se perd
Et de l'amour même, l'homme en vient au mépris

Alors raconte-moi toi, qui es-tu pour me faire ça?
Quelles dieux ou déesses t'ont crée, qui veut ma perte?
Donne-moi son nom pour que je le remercie d'une salsa
Fabulle, promets-moi pour elle de rester en alerte!

Fabulle 22/09/2014

En route pour la gloire

Chacun s'approche au plus près de la scène
Voulant toucher son morceau de gloire
Rêvant de reconnaissance, d'êtres qu'on aime
Et de cris de foule, redonnant espoir

On cherche le la mineur, toucher les gens
Qu'ils sourissent à notre passage dans la rue
Nous pointent du doigt, perdent leur temps
Et disent en messe basse, "Qui l'aurait cru?"

T'as vu, il sort avec cette fille de la série
Mais si! Cette actrice qui joue Julie
Je l'ai jamais aimée, trop grave, elle rit

Le public pense à ça quand il applaudit l'artiste
Il pense à eux, eux qui devraient être là
A la place du mec, de ce bourgeois égoïste

Fabulle 20/09/2014

Ma mer

Je ne pouvais pas revenir en Manche sans la revoir
Sans sentir la brise sur mon visage, les embruns salés
Sans que l'écume mouille mes pieds, se mouvoir
Dans l'océan sans limites, avant de rentrer au palais

Les montagnes paraissent petites devant l'immensité
Le doux bruit du reflux, de cette force marine
Je me recharge en aventure, en dangerosité
En marins prêt à l'affronter, à courir dans la bruine

Ici, on peut crier sans être entendu
On peut régler du monde, son étendue
On peut vivre et mourir dans l'instant
C'est à cela qu'on peut vaincre le temps

Je prends le large une dernière fois, quitte le phare
Plus aucune guide ne m'aidera, il reste moi
A nous deux, Poséidon, je te laisse de l'avance, pars
Je te rejoins dans une prochaine vague d'émoi

Fabulle 05/09/2014

Vivre plus fort

A quoi cela sert-il de vivre
Si je ne peux pas crier plus fort
Pleurer quand je lis un livre
Et penser à toi quand je m'endors

Le bonheur est à ma portée
Il suffit de le retrouver
De recréer l'instant d'un été
Un amour si pur, à rêver

J'ai envie de marcher, sans m'arrêter
A nouveau te rencontrer, repartir de rien
Comme si cela ne s'était pas passé, de Fabien
Tu ne connaîtrais pas, je te le raconterai

Il s'agit en fait de t'aimer encore
Comme une main du destin
Et ainsi, je t'aimerai plus fort
Et me lèverai pour un autre matin

Fabulle 05/09/2014