vendredi 15 juillet 2011

Pour un buste

"C'est ce qui nous rend incapables de savoir certainement
et d'ignorer absolument"
C'est certain, je ne sais rien, et pour preuve
Je ne connaissais pas Pascal, je ne pensais pas
Qu'en écoutant son propos à débit de fleuve
Je n'en apprendrais pas plus avant mon trépas

Ce qui est sûr, cependant, c'est que je vois
Que la mer revient vers moi certainement
Et si je reste à griffonner ces tristes lois
Sur la plage, je serai mouillé et je ne mens

Je suis donc capable de prévoir l'avenir
Mais ceci dit, je ne sais rien, la mer
Pourrait se retirer d'un trait sans prévenir
Et désemparé, encore plus, serais-je sur terre

Donc rien ne sert de savoir ce que l'on peut
Connaître ou pas, recherchons juste
Et nous trouverons, si Dieu le veut
Le mensonge qui me vaudra un buste

Fabulle 14/07/2011

J'aurai un nom à ma rue

Et non une rue à mon nom, Léon Xénon
Oui, c'est bien moi qui a nommé le xénon
Mais non, je n'en suis pas le découvreur, le nom
Est de mon esprit, c'est un ami de renom

Qui a découvert ce gaz rare et il est rare
D'avoir un nom à sa rue, rue des Nommés
Que j'habite, bon, j'ai déménagé sur le tard
Par ouï-dire dans cette rue renommée

Car c'est ici que Poubelle installa son invention
Oui, le nom est connu, l'endroit un peu moins
Mais notons que seul le nom compte, l'option
De mon nom s'est révélé être de loin

Une bonne idée, une notion dénommée
Nominalisation, story telling, ouisation
De réunion avortée où l'on doit nommer
Les donneurs de nom, c'est mon ambition

Fabulle 14/07/2011

mardi 12 juillet 2011

La vie caennaise

Guillaume, sache que je t'ai conquis
Je suis seul dans ton château de Normandie
Pas un chat qui rôde, par un roi qui trône
Moi, seul, en anglais: "I am alone"

Enfin, presque, car le gardien de tes nuits
M'interpelle avant que je ne te crée des ennuis
Le château ferme, c'est le signe de ta défaite
De la mienne, un peu, mais chose faîte

Je suis allé voir ton abbaye réservée aux hommes
T'ai vaincu courageusement, allé voir Mathilde
Elle était là, se réveillant d'un long somme
Pourquoi l'as-tu laissé ici, au sein de la guilde

Des politiciens, historiens, et touristes paumés
Mais surtout des poètes malfamés, désireux
De marcher sur la ville où naquit tes espoirs
De roi, de duc, dérobés par moi, en ce soir

Fabulle 11/07/2011

Une étourderie minière

Je crois que nous sommes au fond du trou
Encore une fois, me direz-vous, cet écrou
Était mal vissé, la paroi s'est effondrée
Nous sommes bloqués, puisqu'il le faut, j'attendrai

Mais en attendant, il faut s'organiser, boire
Tous les soirs, croire la nuit et s'asseoir
Car debout, c'est impossible de se tenir
C'est mon présent, j'espère pas notre avenir

Bien sûr, j'ai l'impression de déjà vu
D'être pourtant, sûrement déjà venu
Et revenir, n'était pas dans mon projet
Mais vivre, il fallait, mon père est âgé

Et dans la mine, pourtant il descendait
Aller au charbon pour nous sauver, aider
Comme il pouvait, nous a ramené là haut
En y laissant sa vie pour vivre nos idéaux

Fabulle 11/07/2011

L'amour donne des roues

Et cette donzelle à toute vitesse sur l'autoroute
Va-t-elle retrouver son prince charmant à Lorient?
Ou accoure-t-elle pour se consoler d'une déroute
Amoureuse, un détour qui dépasse les cent

Et largement les trente auxquels nous sommes fixés
Moi, je ne bougerai pas d'un pouce, j'attendrai
Qu'un hélicoptère se pose ou puisse me hisser
Pour rejoindre celle que j'aime, celle dans le vrai

L'hélicoptère car l'amour me rend pâle
Le bateau car je coule souvent en amour
En parachute, car d'amour, je m'étale
En train, pour qu'on le fasse, ce petit tour

Dont j'ai promis, promis que je retranscrirai
Les sens cachés de ces détours de voiture
Dans lesquels les jeunes filles dépasseraient
Les limites pour vivre une simple aventure

Fabulle 11/07/2011

lundi 11 juillet 2011

Ça change le monde

Je change le monde à chaque coup d’œil
Il diffère à chaque battement de cil
C'est mon monde, que quiconque le veuille
Changer, change son regard sur la ville

Où il habite, la campagne où il réside
Je marche chaque jour cinq kilomètres
Pour voir ma ville, combattre le vide
De ma vie, je compose des lettres

Lors des longs hivers, je franchis
Les barrières glacées des longs jours
C'est une volonté de ne pas être avachi
Sur son fauteuil, à se morfondre d'un amour

Perdu, à rêver de longs soirs d'été
En compagnie d'amis que j'aimerais
Ne pas oublier, sûr que je ne m'arrêterai
De marcher quand je serai mort, enterré

Fabulle 09/07/2011

samedi 9 juillet 2011

Ces gares où on ne s'arrête jamais

Par cette pluie harassante, le train file
A travers la campagne, système de freinage
Pourtant breveté, la scène réjouira un cinéphile
Le train passe une gare sans arrêter son voyage

Les gens pourtant sur le quai espéraient
Pouvoir monter dans ce symbole de modernité
Les passagers du train, un peu exaspéré
De ne pouvoir prendre les gens de cette cité

D'autres trains passent pourtant dans la journée
Mais les remakes de cette scène s'enchaînent
C'est l'espoir qui déraille, toute l'année
C'était toujours pour les voyageurs, les mêmes peines

Alors, on se dit qu'il y a un freinage d'urgence
Un voyageur aurait bien pu avoir cette idée
Mais non, alors peu importe les conséquences
Ce bouton enclenché, j'ai repris les dès pipés

Fabulle 08/07/2011

Maudits trains de vie

Je dépose une gerbe de poésie à Audrieu
Maintenant que je la voie dans les yeux
Cette place, cette gare où le malheur s'abattit
Déjà un an que tout le monde en pâtit

Je voudrais faire mon mea culpa
Sur mon inattention de ce mauvais pas
Sur la vie en général que je ne vois plus
Sur l'avis du général: "Comment, il a plu

Vents et marées pour qu'il arrive ça
Trombes et tempêtes pour plus jamais ça"
Des vies sans prise de conscience
Ça serait l'échec, l'échec de ma science

De poésie, on dit que mort et vie sont ennemis
Alors qu'en fait, ce ne sont que de vieux amis
Qui se chamaillent sur ce que nous sommes
Des mûres et des pas vertes, de simples pommes

Fabulle 08/07/2011

Avant de lire Pascal

"Quand on lit trop vite ou trop doucement,
on n'entend rien"

Tiens, je vais laisser un post-it sur le frigo
Sur la pensée récurrente qu'à ma femme
De me faire penser à descendre mon ego
En même temps que les poubelles, l'âme

De tout ceci, avec quelques autres post-it
Je ne les publierai jamais pour qu'après
On les publie, qu'on les lise, qu'on les récite
Aux derniers salons mondains des Près

Finalement, pourquoi les aurait-on publier?
Ce ne sont qu'après tout des notes à jeter
Des réflexions de ma tête projetées de fou à lier
Des fragments de pensées en étant hâté

J'aurais dû ne jamais les écrire, les garder
Rien que pour moi, même si réfléchir, c'est écrire
Et écrire, c'est vivre, et je ne vais pas tarder
A vous quitter, rangez en partant mes délires

Fabulle 07/07/2011

mardi 5 juillet 2011

Longtemps pour chercher

Les effets se cantonnent à la surface du noyau
C'est un gamin ou gamma qui me l'a expliqué
Et comme j'arrive à détecter les gens loyaux
J'en conclut qu'il disait la vérité, cet étriqué

Car il me disait que la radio a de l'activité
C'est faux, je n'entendais qu'une musique classique
Aujourd'hui, c'est la musique quantique, a éviter
Le classicisme de naguère, ces envolées lyriques

Sur les scintillements fluorescents que je croyais
Voir dans le ciel, c'est dans le benzène ambiant
Que désormais, je vais les chercher, les choyer
Pour qu'il me donne le signal, le bon temps

Pour parler physique avec Hortefeux
Car c'est de discrimination qu'il s'agit
Mais rassurez-vous, il s'en est fallu d'un cheveu
Que le neutron soit rejeté de France, hors d'ici!

Fabulle 04/07/2011

lundi 4 juillet 2011

Krill'aurait cru?

Deux mois que je poursuis cette baleine
Je connais désormais l'Arctique comme ma poche
Mon bateau a écumé tout cette plaine
De désolation, les jours perdus, dans ma sacoche

Sont racontés, journal de bord que je tiens
C'est mon Moby Dick à moi, l'histoire
Se terminera-t-elle, est-ce l'ultime lien
Qui me relie à la mer, est-ce ma gloire

Que je détiens? Ou alors, est-ce le cas
De Buzatti, ce syndrome de poursuite
De l'invisible, imbécillité, de mon tracas
Ou je fuis en chassant une vie sans suite

Peut-être, baleinier, c'est mal vu, perdu
D'avance, aujourd'hui, je renie ma société
Plus que j'harponne cette baleine, tordue
Ma vie est, pourvu que je revienne pour l'été

Fabulle 03/07/2011

Une journée à pêcher

J'ai passé ma journée à pêcher des moules
De toutes sortes, des petites au plus grandes
A marée basse, je marche et je croule
Sous les demandes: "Attrape-moi, cette lande

De mer est hostile, je veux que tu me manges
Je te ferai les frites pour accompagner en plus
Allez prends-moi, je t'en supplie, tu es l'ange
Que j'attendais, enlève-moi, mon va-nu

Pieds! A marée haute, je sortais ma ligne
Pour flairer quelques poissons, pêche miraculeuse
Tous mordaient à l'hameçon, c'est bon signe
L'été sera beau, la mer sera brûleuse

D'hommes, enfin, la mer s'est retirée
Découvrant de nouveau cette plage désolée
Seul à m'élancer, rejoint après pour une virée
A pêcher toujours, a dépecer ces moules, à les voler

Fabulle 03/07/2011

dimanche 3 juillet 2011

Union libre

Mon roi, mon roi, vous êtes invité au mariage
Du roi Henry VIII! Quoi n'a-t-il pas une femme?
Si, plus maintenant, c'est depuis son voyage
En France qu'il en aime une autre, son âme

Ne vibre que pour elle! Bon, j'irai en Angleterre
La diplomatie entre nos pays l'exige
Mais il en avait déjà eu d'autres? Valet, sers
Donc une rasade à la cour, la fidélité est une tige

Décidément bien friable, mais pourquoi ne ferais-je
Pas pareil? Aliénor semble s'ennuyer, le moment
Est propice, il y aura deux mariages au siège
De Londres, le mien et celui d'Henry, le temps

Est venu! Reste à me trouver nouvelle concubine
Mais avec qui Henry se marie? Aliénor, sire!
Quoi? Je me marierais donc avec l'ancienne copine
De ce diable d'Henry, que j'ai hâte de nous unir!

Fabulle 02/07/2011

Qu'on comble nos invités!

Il est à vous, ce concombre? Simple vérification
Je fais parti du Conseil de Santé International
Alors, je me méfie de tout, des médicamentations
Des poulets, mais aussi des graines de soja halal

Mais ne laissons pas un concombre gâcher
Cette magnifique journée, il y a mariage
Sur le rocher! Festin de luxe, recherché
Préparé pas un grand chef, de voyage

Il revient spécialement pour concocter
Sa célèbre entrée de concombres macérés
C'est pour ça qu'on m'a invité, ils optaient
Pour leur sécurité alimentaire et à ne créer

Aucun incident, un drame dans la famille
Il faut à tout prix l'éviter! A tout prix?
Un million d'honoraires n'est pas trop, il brille
D'or ce prince, pour que des concombres, je trie

Fabulle 02/07/2011

vendredi 1 juillet 2011

Au bout du bout

Ce mois de juin n'en finissait plus
De soleil, de cours, d’interludes, d'incertitudes
Mais tout fini, certains dans l'inquiétude
D'un mois de juillet à errer, ce surplus

D'élèves, se sentent-ils perdus, à jamais?
Oh, non, ils auront une place dans nos cœurs
Cette prépa un peu spéciale de vainqueurs
D'équations différentielles de ce tercet

" y''+ 2λy' + ω02y = 0" Auriez vous un briquet?
Que je puisse, pyromane, mettre le feu
A mes doux noms, sympathiques sobriquets

Et à ces cours qui ne m'apportent plus secours
A ses journées passées désormais sur un divan
A me psychanalyser, reverrais-je un jour, le jour?

Fabulle 01/07/2011

jeudi 30 juin 2011

Un jardinier bien aimant

L'époux, l'amant, l'anglais, l'italien, le jardinier
Le Bijoutier, cette affaire n'est pas commune
L'emprunte de l'être aimé, rue du Marinier
Les dettes de l'époux, ruiné, affiché à la une

Cette affaire devient médiatique, et voilà
Que j'arrête l'anglais, je le cuisine un peu
James, tout ce que je veux, pourquoi elle est là
Votre emprunte? Vous avez touché ces cheveux

De la terre du jardin a été retrouvée
Dans ceux-ci! Avouez la vérité, justice
Sera faîte! M. l'inspecteur, je ne pouvais
Pas me rendre car je ne suis qu'un témoin, tisse

Ma toile d'araignée, mais cette silhouette
Que j'ai vu assassiner Maria ne se prête
A aucun de mes sens, elle est tombée, fluette
Un dernier baiser, la mort s'enfuit, avec les êtres

Fabulle 27/06/2011

Pochette surprise

Je suis né en Occident, eu une vie d'enfant
Ai compris la physique, prix Nobel 1990
Moi, dans ma pochette, c'était le grand blanc
Des Inuits pour parents, je pêche car j'existe

Je suis un Chinois, comme la plupart des humains
En bidonville, je grandis, à la campagne, reconverti
J'ai vécu au Paradis, en Polynésie, les lendemains
On n'y pensait pas, mais un jour, je suis parti

C'est aux States que j'ai émigré, les ghettos
Je gouvernais, Al Capone pouvait aller se rhabiller
J’œuvrais pour la paix au Soudan, mais trop tôt
Je me suis éteint pour une histoire de billets

C'est au Pérou que ma pochette m'emmena
Guide touristique des incas, je visitais l'histoire
Et moi poète de ma Normandie, elle me donna
Une vie scientifique, onirique, pleine d'histoires

Fabulle 25/06/2011

Les parents italiens

M. Di Angelo, je suis l'inspecteur Paul Sernien
Je suis navré, votre fille a été assassinée
Je sais qu'il est dur de perdre l'un des siens
Ça m'est arrivé, et le mal est toujours enraciné

Dans mon coeur, mais j'ai des questions à poser
J'ai vu Fredo Fortis, son mari, il est affligé
Mais comme il s'est évanoui, lui causer
Fut impossible, j'ai besoin de rédiger

Un premier rapport! Connaissez vous le jardinier
Anglais de Madame? C'était son amant
Le soupçonniez-vous? What? Non, il sied
Aussi à ma femme, on l'a engagé il y a un an

Sachez que je suis très triste mais son époux
Doit jouer la comédie, c'est un coureur de jupons
Il s'endette, s'attire la sympathie de ripoux
Il cherche sa fortune, il l'aurait jeté d'un pont

Fabulle 25/06/2011

Mais Pourquoi Suis-je Ici?

Comment résumer une année de MPSI?
Un brin de Cauchy, une pincée de Bolzano
Et tous ces physiciens, que font-ils ici,
Dans mon esprit? Allez va-t-en Carnot!

Mais de théorèmes, ce que l'élève retient
Ce sont des délires exponentiels d'internés
Ces petites phrases qui n'ont l'air de rien
Tel cet électron célibataire qui est borné

Et qui se scratche sur le noyau! Epic Fail
Je n'ai jamais voulu montrer que cette théorie
Serait fausse dans un autre contexte, Sail!
L'insulte ultime des taupins, notre allégorie

De l'anglais sur le front, guide notre peuple
A l'illumination scientifique, révélation
Que l'homme sublime et repeuple
Les forêts de la connaissance, de l'évolution

Fabulle 22/06/2011

La Croix sous l'Ange

Cette femme, c'était ma première enquête
Je venais de rentrer à la Brigade du crime
A Paris, en haut lieu, ils ont accepté ma requête
De m'installer dans la mansarde, dans les cimes

Du commissariat! Un meurtre peu banal, en fait
On a retrouvé Maria Di Angelo en tenue de scène
Elle était danseuse au Cheval Fou, et la fête
A apparemment mal tourné, à deux pas de la Seine

Dans une cour désaffecté, une croix latine sous le corps
De la pauvre infortuné qui ne l'était pas tant que ça
Originaire d'une riche famille italienne, l'or
Ne lui manquait pas, cette affaire commença

A me plaire, elle avait un amant jardinier
Chaussant du 43, la taille de l'emprunte profonde
Laissée sur la chaussée, à la rue du Marinier
Maria, ne quitte pas avec ton secret notre monde

Fabulle 19/06/2011

lundi 13 juin 2011

As cool as a cucumber

Sur les marchés, les gens reculent
Lorsqu'ils voient quelques légumes suspects
Ils n'ont pas oublié les grippes, tubercules
Ou volailles folles auxquels ils manquent de respect

Moi, flegmatique, poète, je n'hésite
Pas à déroger à la règle du concombre!
J'en achète volontiers pour que l'élite
De mes poissons puissent sans encombre

Se nourrir. J'ai testé du bout des dents
Ensuite pour exacerber le goût du risque
Une menace en remplace une autre, c'est sans
Nourriture bientôt qu'il faudra vivre, le disque

On nous le repasse sans cesse, alors évoluons
On s’emprisonne dans des schémas fermés
Ne plus rien faire, une solution? Non,
Arrêtons juste de manger des graines germées!

Fabulle 12/06/2011

vendredi 10 juin 2011

N'as rien à craindre

Quand l'homme de l'ombre sort de la tombe
Qui lui sert de bureau, Narien rend visite
Aux autres bureaux d'auteurs de catacombes
Chronique, malheur, à toute cette élite

Qui ont si bien compris le mal qui l'emparait
Il alla voir ce jour-ci, Giono, l'écrivain
Du mal particulier qui l'habitait, pour réparer
Une injustice commise un jour à ce devin

Narien passe le portail du cimetière de Manosque
Un bouquet fané à la main, et commence
A cheminer entre les stèles, les tombeaux lorsque
Le fantôme de Giono lui apparaît, la Provence

Est décidément pleine de surprises car le mal
Venu rencontrer son auteur, est presque revenu
Comme un homme de bien, Giono mit à mal
Une vie de domination mondiale, qui l'aurait cru?

Fabulle 10/06/2011

Le joueur d'échecs

Je parie que tu vas perdre et je gagnerai
Car je suis un joueur d'échecs, un vrai
Qui ramasse le pactole à la fin, je monnayerai
Ta défaite au roi du marché noir, je crée

Des combines des plus en plus astucieuses
Les hommes sont des pions que j'avance
Qui se fracasse comme les mouettes rieuses
Sur les rochers amers fières de leur démence

Fort de ses succès, et depuis mon enfance
Je fais danser les reines en mal d'amour
Quand cavaliers et maris quittent la France
Pour la guerre, c'est vers moi qu'elles accourent

Et de cette cour, je parie sur lesquelles tomberont
En premier, cette dame d'une blancheur éclatante
Ou celle au teint mat, leurs tours arriveront
En tout cas, je parie sur l'échec de la mat mourante

Fabulle 10/06/2011

Les prunelles des hommes

On m'avait pas dit que la fête de la musique
Était avancé à cette soirée, c'est l'effervescence
Qui mène tous les poètes à la démence
Quand ce ne sont pas ces poèmes oniriques

Qui le laisse rêveur, il tue le froid par les mots
Range ses états d'âmes pour un petit morceau
Fait na na na, peut-être même pas comme il faut
Mais c'est bien sûr une façon de guérir les maux

Qui le hantent. Pourquoi le monde ne tourne
T-il pas rond? Pourquoi j'entre dans un bar
Commande un verre d'eau? Il se fait tard
L'ivresse poétique est celle qui contourne

Mes envies de ne pas désespérer de la Terre
Il y a des choses magnifiques, ça me rappelle
Ces longues soirées à explorer les prunelles
Des hommes, ce qui me fait prendre l'air

Fabulle 04/06/2011

Gipsy Burek Orkestar

Cette balade qui me rappelle un air du pays
Du temps où j'étais en Roumanie dans un bourg
Où le temps n'était qu'à l'ordre du jour
Et où le jour prenait le temps de se lever, ébahis

On chantait alors dans l'insouciance du passé
On virevoltait dans les effluves du vent
On se sentait seul, c'était le bon temps
Où l'on ne cherchait rien pour amasser

Tout l'argent que le pays nous a demandé
Étranger sur son propre chez soi, essayant
D'oublier en chantant, et d'un coup balayé
Nos dettes, notre porte-monnaie, on marchandait

Notre musique aux occidentaux venus nombreux
Ils écoutaient, essayer de comprendre la quiétude
Qui nous réunissait, et c'est par habitude
Qu'on oubliait, toujours, pour rester heureux

Fabulle 04/06/2011